Chambres d'hôtes & Gîte Château de Roquetaillade
- Aveyron -


dans la vallée de la Muse, 21 km ouest de Millau
 


Une balade historique en ROQUETAILLADE

(jours de patrimoine 2008)

par Jean-Yves Bou

Remerciements à Bernard Verdié et Sylvie, à Peter Hoopman, à Jean Froment, et aux habitants de Roquetaillade.

1 - SOURCES
Histoire de Roquetaillade difficile à élaborer : en dehors des pierres, relativement peu de sources (en particulier sur la seigneurie).
Une cependant, mais attention !
En 1840 est publié dans les Mémoires de la toute jeune Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron, tome 2, un texte anonyme, "communiqué par monseigneur l'évêque", autant dire, digne de foi.
Ce texte présente trois moments de l'histoire de Roquetaillade. Il a été repris, cité, intégré dans de multiples publications. Par exemple dans le livre de paroisse écrit par les curés entre 1843 et 1924. Et il reste aujourd'hui une référence. Cependant ce texte de 1840 est un faux, une supercherie, peut-être un canular, une réécriture complète, fabriquée, pastichée, de l'histoire du village.
Ironie, c'est l'historien Hippolite de Barrau, qui était président de la Société des Lettres (création 1837) quand le texte a été publié, qui en pointe le premier les erreurs, d'autres après lui s'interrogent, confrontent le récit et les autres sources (Carrière, Bousquet).
Finalement l'article de Gilles Bancarel dans la Revue du Rouergue 82 (été 2005), "Roquetaillade, un village entre Mars et Jupiter", reprend la plupart des publications et en fait une synthèse intéressante, montre le peu de valeur de ce texte ("récit historique qui emprunte à la littérature romanesque, exaltation et panégyrique", mais il intègre dans sa chronologie les faux événement du texte de 1840.

Roquetaillade, notion de roche taillée, "rupe cisa", est-ce du fait du site même ? ou des grands pressoirs taillés dans le roc au-dessus du village ?
Petit village par rapport aux bourgs voisins et pourtant patrimoine exceptionnel, qui a nécessité des moyens financiers importants …

a - sources publiées et études sur Roquetaillade
• Bancarel Gilles, "Roquetaillade un village entre Mars et Jupiter", Revue du Rouergue 82, 2005, p. 137-157.
• Bonnefis André, Pont Libre, p 31, citation des plaintes de la famille de Roquetaillade contre les habitants de Marzials et de RQT pour violences révolutionnaires (un des deux textes est conservé aux AD12, série B, justice de St-Rome-de-Tarn)
• Bousquet, inventaire des archives du château de Vezins, p. 267-268
• BousquetLe Rouergue au Premier Moyen Age, t.2, p. 836-837
• Carrière Albert, "note paroissiale, Roquetaillade" dans le Journal de l'Aveyron
Mémoire de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron, t.2, 1840, p. 333, texte anonyme "communiqué par Msgr l'évêque".
• Noël Raymond, dictionnaire des châteaux de l'Aveyron, t. 2, p. 434. La notice sur Roquetaillade date le donjon du XVe siècle. Il est apparemment plus ancien (F. Galès, J. Miquel). Bibliographie : Messager de Millau du 29/04/1908 ; Revue de l'Aveyron et du Lot, 28/10/1839 ; Union Catholique, 05/02/1931 ; Mémoires de la SL, t. VI, p. 357 ; Carrière Albert, notes manuscrites sur Peyreleau, p. 144.
Revue Historique du Rouergue, t. 4, 1924, p. 46 (visite pastorale de François d'Estaing, 1507)
• Touzery, Les bénéfices du diocèse de Rodez, notice sur Roquetaillade
• Verlaguet P.-A., vente des biens nationaux, t. II 3824-3841, t. III 3540, t. III 7455 (famille Julien de Roquetaillade) ; t. II 3726, 3599, 3524, 3449 (biens ecclésiastiques)

 

b - sources archivistiques (AD12)
- Série C (à partir de l'inventaire)
C 613 (rôle supplémentairte d'imposition 1789), C1606 (déclarations des biens nobles)
- Série E (à partir de l'inventaire de M. Creix) (E885, 1602, 1606, 1852 : seigneurs et prieurs)
- Série 2E et 4E : registres paroissiaux
- Série 3E : registres notariés de maîtres Thomas de St-Rome-de-Tarn, Jean de Montjaux, Cadars de marzials
- Série G, visites pastorales de Roquetaillade (G108, G113, G117, G120, G317, G335)
- Série 2V : redécoupage paroissial début 19e s.
- Cadastre de la commune de Montjaux (1835) sur informatique (série P)

C - autres ouvrages
•Affre Henri, Dictionnaire des institutions, mœurs et coutumes du Rouergue, 1903
•Al Canton, Saint-Beauzély
•Barrau Hippolyte, sur la famille de Julien de Roquetaillade (mention article dans l'Echo de la •Dourbie, 29/05/1842) et sur la famille de Mandagot.
•Fages André, Colombiers, pigeonniers
•Lemaître Nicole, Le Rouergue flamboyant, p. 151
•Vaissière Marc, De Roèrgue a Avairon, 2005

 

2 - GENERALITES
Statut : aujourd'hui village de la commune de Montjaux, et ce depuis 1834, Roquetaillade était, avant cette date chef-lieu de commune, et avant la révolution siège d'une seigneurie avec haute justice, et siège d'une paroisse. Le bourg voisin de Marzials, plus important en nombre d'habitants, dépendait de la paroisse de RQT, et la seigneurie de Marzials était rattachée à celle de RQT. Inévitablement, querelles de clocher, en particulier sur le statut paroissial (très violent début 19e s., au moment du redécoupage paroissial), puis union pour essayer de former une municipalité indépendante de Montjaux (1847) (Marc Vaissière et série 2V).

Site et situation : au fond de la vallée de la Muse qui va se jeter dans le Tarn, et creuse un lit étroit dans le grès au pied du causse calcaire de St Germain et du massif ancien du Levezou. Des vignes et quelques terres à seigle et froment, des bêtes. Jardins et cheneviers près du ruisseau. Une voie de communication secondaire, et pourtant la présence d'un pont ancien.

Visite autour de la personne du dernier seigneur féodal du lieu, Jean François de Julien de Roquetaillade.
1781, une ordonnance royale demande aux nobles de déclarer leurs biens afin d'être taxés. Tentative d'imposition des privilégiés telle qu'elles se sont succédées en vain dans les années 1780s, quand la monarchie de Louis XVI était endettée, (par la guerre d'Amérique entre autres).
Déclarations faites pour payer le moins d'impôts possible …
Noble de Julien de Roquetaillade, président au bureau de l'élection de Millau, observe "que la communauté de Roquetaillade est composée du plus mauvais genre de terre qu'il y ait dans la généralité. Elle consiste en deux montagnes dont les pentes sont si raides que la pluie et les orages ont si fort dévastées qu'elles ne présentent presque partout que le roc. Au bas coule une petit torrent appelé Muse, sans doute par dérision. Son lit est presque partout taillé dans le roc et ce ne sont que cascades sur cascades. Et de ce lit jusqu'à mi cote l'on ne voit que des échelles faites en mur de terrasse afin de contenir le sable et le gravier que les inondations détachent des montagnes. Le vallon est si serré qu'au pied des montagnes il n'y a que l'espace du lit de ce torrent. Il n'y a point de débouché pour vendre le peu de vin que cette communauté ramasse dans les échelles dont on a parlé ci dessus, vu surtout la difficulté du transport. Les chemins y sont impraticables. Toutes les autres denrées de cette communauté sont de si petite conséquence qu'il est inutile d'en faire mention. Cette communauté est néanmoins extrêmement chargées d'allivrement." Il plaint ses sujets des charges que leur impose le roi, quel brave seigneur ! et pourtant … mais avançons … (AD12, C 1606)

Structure du village : fort villageois et autres maisons sur pente raide entre le château très ancien sur un petit escarpement et ruisseau, de l'autre côté duquel se trouve l'église, avec trois maisons. Organisation qui n'a rien d'exceptionnel, autour de Millau habitude des châteaux de mi-pente dominant un village, et église près de l'eau (Montjaux, Verrières, Caylus-Pinet, Mostuéjouls, St Véran - ND des Treilles, etc.), et de l'autre côté (Boyne)

Population : 19 feux dans la paroisse vers 1340. C'est peu à une période où la population est nombreuse. Cadastre de 1835-37, environ 37 feux (160 hb ?). Aujourd'hui, 19 habitants.

3 - LE PIGEONNIER (colombier) : de plan circulaire (14-15e siècle), avec un larmier ou corniche pour empêcher les prédateurs (rats) d'entrer, grille d'envol et lanternon (sortie d'envol). A l'intérieur, exceptionnel, 560 boulins avec des nichoirs en poterie (André Fages). Il était au milieu de la Vigne Grande terre des seigneurs de Roquetaillade, nationalisée et vendue en l'an II avec l'ensemble des biens des de Julien qui avaient émigré (le pigeonnier et les seigneurs). Elle est acquise par Jacques Boudes qui subroge Guillaume Antoine Capelle de Salles Curan (contrat 24 thermidor an IV - Tibaut notaire à Millau - AD12, 3E4420) (A. Carrière). En 1835 (cadastre "napoléonien", elle appartient à Marquès. (et non La Maurinie terre du prieuré vendue à JJq Marquès en l'an II)

4 - L'EXTERIEUR DE L'EGLISE

La paroisse de Roquetaillade englobait Marzials. Conflit historique, dans la mesure où les habitants de Marzials étaient plus nombreux et devaient venir à Roquetaillade pour le culte, réclament un service propre. Chapelle en haut de Marzials, question de statut : annexe selon hbs de Marzials, ou simple chapelle. Vicaire résident seulement au XVIIIe siècle.
Autres hameaux de la paroisse : Albignac, le Cambon, Mongisty, Les Collégeats, le Soulier.

L'église de profil : toit surhaussé, ce qui tasse le clocher, sur lequel on voit le haut d'un cartouche, grandes lettres peintes qui ont été coupées. Cimetière et sommet de son muret.

Eglise : le chevet
"Gothique flamboyant" : chevet pentagonal, beaux contreforts en grès fin, ouvertures élancées avec arcs brisés et remplages en forme de flammèches, 15e siècle-début 16e siècle, (entre le gothique rayonnant et la renaissance).
Cartouche au chevet très clair sur la datation d'une reconstruction de l'église. Exceptionnel, texte en occitan de 1496, pose de la première pierre.
"l'an MCCCCXCVI lo V de julh/
 si come(n)set lo p(rese)nt te(m)ple/
 Pauset la p(remyer)a peyra lo noble A. de Ma(n)dagot/
 Lo q(ue) fes lodich te(m)ple era M. B. Laur"
Plaque confirmée par un document d'archive (Gilles Bancarel) "l'an 1496, le 8 de juillet, fut commencée l'église de Roquetaillade et fut mise la première pierre par noble Aldebert de Mandagot, seigneur du Monna, de Roquetaillade, de Mezerac et de Lanujols et d'Espalies et fils du noble Antoine susdit" (Raymond Bannes, notaire).
Albert Carrière a trouvé un document privé de la même époque " maître Durand Molinier, sartre d'Albignac" mentionne sa participation au chantier avec Brenguier Laur, peyrié
Ainsi église reconstruite pendant période prospérité du Rouergue, entre 1450 et 1550, après guerre de Cent Ans et avant guerres de religion, documents et patrimoine (maisons avec fenêtres à meneaux et tourelles d'escalier hors d'œuvre) témoignent de la prospérité de cette période (maisons à Saint-Rome-de-Tarn, église de Salles-Curan, Chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, etc.)

Autre édifice antérieur, au même endroit ?
Le faux : église antérieure au 10e siècle, première mention 1117, Jean Julien seigneur de Roquetaillade, frère d'Adhémar, évêque de Rodez, dote la chapelle qui devient une église : pas d'évêque Adhémar à cette date, et pas de famille Julien ! qui sont devenus seigneurs de Roquetaillade en 1687 ! (Bousquet, t.1, p.216, n.21)

Le faux : Guillaume Julien, baron de Roquetaillade, épx d'Agnès de Mandagout sœur d'un cardinal évêque de Sabine, légat, de Clément VI, vers 1318, finance construction de l'église et du pont ; vers 1354, visite du cardinal fait bâtir l'église gothique ogival. Réécriture du texte de la plaque. Totalement inventé, personnage, construction des édifices. Pont daté du 18e siècle par M. Delmas. Et l'église de 1496.

5 - INTERIEUR DE L'EGLISE
Intérieur gothique, croisées d'ogives, etc.
Blasons non identifiés, mais qui ne sont pas ceux de la famille des seigneurs de Roquetaillade à cette époque (Mandagot, lion) donc peut-être attribut du prieur, qu'on ne connaît pas encore pour cette époque - une recherche dans les archives est nécessaire … (alternance fasces et ondes famille de Penavayre possessionnée près de Rodez ?) … en 1507 Claude de Chalancon est prieur de RQT, mais depuis quand ?
Eglise restaurée plusieurs fois : clef de voûte 1615 ; pierre sur la maison presbitérale, serait de l'église (1688) ; visites pastorales : le chœur menace ruine en 1739 (un an après le passage de l'évêque où il fallait réparer la voûte, sans plus), elle est interdite et le culte est transféré momentanément à Marzials ; retour en 1742, bon état. Tribune disparue. Chapelle des seigneurs à gauche. Vitraux 1887.

Mobilier : maître autel, tabernacle (Christ ressuscité, Pierre et Paul, ostensoirs, pélican, agneau de dieu) et retable 18e avec élements 19e siècle. Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul (pas toujours le second) Christ (qui regarde à gauche ; peintre Granier) ;
Tableaux du 19e siècle : Adoration du sacré-cœur, le sacré-cœur, deux anges adorateurs
Le sacré cœur de Jésus (19e) ; culte qui se développe au 17e siècle, comme symbole de l'amour humain et divin (St Jean Eudes et MMd Alacoque, visitandine de Paray-le-Monial, Père de la Colombière son confesseur jésuite), dévotion approuvée et organisée par la papauté au 18e siècle (Clément XIII - 1765) ; au 19e siècle, surtout après 1870, ce culte prend une connotation royaliste (Montmartre).

SEULE CLOCHE de la visite pastorale de 1738 (G113) toujours conservée ! "Charles de Julien, brigadier des camps du roy", Pierre Paul de Combettes prieur du lieu.

Visite pastorale du 10 juin 1668 (G108) par l'évêque (Gabriel de Paulmy), dort à Castelnau le 9, visite Castelmus, Marzials, RQT, Candas, Comprégnac et Peyre le 10. Remarque qu'il manque des objets du culte (calice, ciboire, soleil : contre-réforme), qu'une confrérie a été établie sans permission de l'évq, deux autels sont hors d'état, surtout des paroissiens n'assistent pas au service divin, en particulier à Vêpres, on danse le jour de la fête votive, et le cimetière des catholiques n'est pas séparé de celui des hérétiques par une muraille ; en fait le manque d'assiduité concerne les habitants de Marzials, qui prétendent que leur village est une annexe paroissiale …
Visite pastorale du 22/05/1738 (G113) par l'évêque Jeand'Yze de Saléon, Pierre Paul Combettes recteur depuis 17 ans, âgé de 48 ans, va chercher l'évq au château, procession jusqu'à l'église, description précise du mobilier, voûte fendue, etc. au fond grande tribune soutenue par une voûte ; une seule cloche. Cimetière : interdit sur la partie devant le presbytère (passage). Prieur Mr Lecomte de Lautrec, où il réside, 1100£ dont 127£ de décimes, congrue et 50£ au vicaire. Nouvelle visite en 1739 (G335), l'église menace ruine, transfert momentané du culte à Marzials, et dans la salle du château pour les infirmes et vieillard de RQT. Nouvelle visite en 1742 (G120), église réparée (voûtes, clefs des arceaux remises à leur place, mur blanchi), cette fois c'est le presbytère qui menace ruine.

6 - LE PRESBYTERE
Presbytère et "prieuré"
Débat autour de la présence d'un "prieuré", problème de vocabulaire : "prieuré" a deux sens : petit monastère dirigé par un prieur, dépendant d'une abbaye MAIS AUSSI nom donné à la paroisse en tant qu'unité d'imposition, "bénéfice". Le prieur est dans ce cas le bénéficiaire de la dîme.
Dans le cas de Roquetaillade, rien ne permet de dire qu'il y a eu un petit monastère. AUCUNE MENTION DANS LES ARCHIVES, en particulier dans Les bénéfices du diocèse de Rodez qui signale tous ces genres d'institutions, même anciennes et abandonnées.
Le bâtiment est donc le lieu où résidait le prieur-curé quand les deux fonctions étaient réunies (le bénéficiaire de la dîme est aussi celui qui a charge des âmes des paroissiens) , et le prieur et le curé quand les deux fonctions étaient séparées (prieur = curé primitif / curé = vicaire perpétuel ou recteur).
C'est au XVe siècle, que la cure de RQT a été désunie du prieuré, cela signifie qu'auparavant le prieur était aussi curé. Mais le 29 juin 1435, Guillaume de la Tour, évêque de Rodez, désunit les deux titres. Le prieur, Aimeric d'Arpajon, n'aura plus charge d'âme et paiera dorénavant une pension (60 set seigle, 5 pipes de vin, une vigne, moitié de la maison et du jardin, avec le prieur, le casuel, le cens des prés, 4 porcs et 4 agneaux) à un autre ecclésiastique, le curé, ou recteur, ou "vicaire perpétuel". Dans ce cas parcequ'il n'est pas prêtre (Nicole Lemaître, p.151; réf ADA, G156, fol.1). Dans le cas de Roquetaillade les deux personnages sont "à la nomination" de l'évêque (comparer avec paroisses voisines, Castelmus, dépendant de l'ordre de Malte, commandeur de Millau ; Castelnau, prieur à la nomination du chapitre de St Victor de Marseille, et lui-même collateur des paroisses de St Beauzély, Salsac et Estalane ; Montjaux, abbé de la Chaise-Dieu ; Abbesse de Millau à St Etienne de Meilhas ; Abbesse de St Sernin sous Rodez au Viala-du-Tarn, etc.). Cette désunion était un moyen de donner un revenu intéressant et supplémentaire à un ecclésiastique pourvu d'un autre bénéfice, souvent un proche de l'évêque (désunions surtout sous l'épiscopat de Chalencon). Façon de résoudre le problème de la non-résidence des prieurs-curés.
1507, le 18 juillet, VP de François d'Estaing, prieur, Claude Chalencon chanoine de Rodez, et recteur Bernard Brenguier. Claude Chalencon, parent (neveu ?) de Bertrand de Chalencon (évêque 1457-1494).
Vers 1623, le prieur était un de mes "arrières-grands-oncles", noble Jean de Corneillan de Fonméjane (évêques Corneillan), qui arrente le prieuré 165£/an ; puis en 1633, c'est noble François de Curières.
Il semble que ce prieuré de Roquetaillade était un cadeau pour les fils de la bonne noblesse (N. Lemaître, p. 261, Pardinel).
En 1738 le prieur est le sieur Pierre Lecomte de Lautrec où il réside, alors que le curé est Pierre Paul Combettes.
A cette date, le revenu du prieuré est estimé à 1100 livres, sur laquelle il doit payer la congrue au curé, 50 livres au vicaire et 127 livres d'impôts.
Sans qu'on sache quand, le prieuré a été finallement réuni à la cure. En 1789 le prieur-curé est Philippe Alexandrien de Benoit d'Auriac (dit Benoit Dauriac).

Affermage du prieuré : le 27/12/1774 par Maître JP Gayraud, prieur-curé ; baille à Pierre Gayraud ménager de Marzials et à Louis Montet de RQT 2/3 des entiers fruits et revenus décimaux de la paroisse ; et à Jean Alric de RQT 1/6 ; il se réserve le dernier 1/6e ; exclus : les censives et revenus seigneuriaux, les revenus décimaux qui reviennent à l'œuvre ; la dîme due par le seigneur ou sur la temporel du prieur ou la parcelle de Comprégnac ; 934 £ pour G et M qui doivent porter le bois nécessaire au chauffage pour faire chauffer le four et faire faire sa lescive ; 242£ pour Alric  (AD12, 3E4832, Me Thomas, notaire à St Rome)

Le bâtiment : Juste avant 1789, le curé Joseph Victor Masson de la Tieule obtient une décision de l'intendant pour la réparation du prieuré, en très mauvais état. Plans par Saulinet et Thierry, et adjudication des travaux pour les frères Miquel, maçons à St Rome de Tarn.
Bâtiment plus ancien : tour d'escalier ronde hors d'œuvre, 16e siècle (entre la guerre de 100 ans et les guerres de religion), pierre datée de 1688 serait de l'église … "veuillez être ce que vous êtes"

Le faux : 1502, siège par environ 3000 hommes à la solde du comte Antoine d'Armagnac, prennent Marzials d'abord, puis assiègent vainement Roquetaillade dont le seigneur en appella au roi de France. Contraint de lever le siège, le comte autorisa ses troupes à piller le monastère et à incendier l'église. C'est le cardinal Georges d'Armagnac, petit-fils d'Antoine, qui fit reconstruire l'église et la consacra en 1561. (Al canton, p. 38, d'après le livre de paroisse - recopié dans le faux de 1840).
Histoire vraie ? : selon H. de Barrau : Bernard d'Armagnac, se fit attribuer les terres de son cousin Géraud, seigneur de Creissels ; il attaque Roquetaillade en 1402, mais roi le somme de se retirer, ce qu'il fait, alors qu'il va s'en prendre à Compeyre qu'il assiège et pille, puis Caylus et Peyrelade.

7 - LA FONTAINE ET LES PONTS
Les fontaines : fontaine du Pont aménagée en même temps que le Pont, fontaine du Théron, fontaine ancienne, lavoir. Eau courante 1973.
Ancien Pont face à la fontaine (culées)

Le Pont : 24 m, grès, 2 arches en plein cintre, pile unique à avant et arrière-becs triangulaires, plinthes et gargouilles pour l'écoulement des eaux dans les angles des parapets (comme à Pont-de-Salars disparu, à Salles-Curan noyé, à St Maurice de Sorgues), magnifique travail de taille de pierre (grès), arasement (parapet) en "tenon mortaise", clavage type menuiserie. Arche plus petite au-dessus du débouché du "toat" - canalisation bâtie. Question de la datation (le faux …) ; Jean Delmas, qui a fait une étude des ponts aveyronnais, propose la 2e moitié du 18e siècle (bandeaux extradossés formés de claveaux d'une pièce alternant avec des claveaux de deux pièces, plutôt 19e siècle). Il reste à trouver des éléments dans les archives … Croix de mission de 1889.

8 - LE VILLAGE
Maison Alric : Alric serait venu comme maçon lors de la construction du Pont - cheminée renaissance ; dans le village plusieurs éléments d'architecture de cette époque de prospérité du Rouergue fin 15e - première moitié du 16e siècle

Quelques mentions dans les sources
Dépouillement des actes du notaire André Cadars, Marzials vers 1550 : ventes d'une maison appelée le Célié del Forn, près du four commun (3E12237, f°24v), d'une maison qui confronte le chemin de l'église au château et le fossé de Bramasec (vendue par un prêtre de St Léons à un prêtre de RQT) (3E12237, f°85), d'une maison de 3 étages assise dans les murs du lieu, confrontant avec le château, rue au milieu (3E12237, f°157), d'une maison dans la "fourtalesse", de 2 étages, confrontant avec la "pourte" et rue publique allant de la place publique au château (3E12237, f°236) d'une petite maison ou cambesa confrontant la maison de la Confrérie et le chay des acheteurs (3E12239, f°122), etc.

Moulin : en 1786, deux moulins "non banaux" dépendent du seigneur, celui du Cambon et celui de Roquetaillade ; cadastre : le mouli. Conduit qui sort ; bief enseveli. Moulins à bled et à huile. Non déclarés dans les biens nobles en 1789 … (trouver les baux … 2C)
Lieu appelé "la commune" !?

Ecole : école publique puis (1880 population rejette insitituteurs laïcs) passées aux sœurs de la Besse (niche pour statue de la Vierge), puis 1905 redevenu laïque jusqu'en 1962, à Marzials.

Contrat de mariage d'Etienne Constant : 17 février 1792 avec Mne Boudes d'Olmens, il reçoit tous biens de son père contre entretien, logement et nourriture "à même pot et feu", mais en cas de discord, pension à verser au père : 2 setiers de froment, 2 de seigle, 3 de châtaignes sèches et 1 de vertes, 3 semaux (comportes) de vin pur et rouge avec la futaille pour le mettre (mesures de RQT), 15 livres de lard de cochon salé avec son os, 8 livres d'huile de noix, une chemise de toile de maison par an, un habit et culotte tous les 3 ans, faculté d'aller manger des fruits dans le bien donné, bois, jardin, cuisine garnie de son lit ordinaire et des meubles nécessaires, 2 moutons dans le troupeau (dot de 150£ aux trois autres fils). Dot de la mariée 350£  (notaire Louis Jean de Montjaux, consulté au CGSA)

Place publique : lieu des assemblées "faute de maison commune" en 1789 (AD12) ; aire de battage, lieu où se trouvait au 17e siècle et avant la Confrérie (AD12 - Cadars), maison où se réunissaient les villageois pour banqueter, dans le cadre d'une association religieuse ; communauté de laïques pour entraide fraternelle, 15e et surtout 16e siècle (Affre)

Fort villageois : "basse cour du château", ensemble fortifié et loti, où l'on pouvait se réfugier pendant les troubles ; fait penser à Comprégnac, voire à St Jean d'Alcas, mais encore Versols, etc. Loges - refuges. Loti et occupé par des maisons.
Façade avec des pierres en arête de poisson, très ancien "carolingien", mais à cette hauteur …
Entrée : blason détruit

9 - LE CHATEAU
Château - généralités et donjon
Petit escarpement pour la localisation du fort et du donjon ancien. Extension 18e siècle, reconstruction après incendie.
Donjon tout à fait remarquable et méconnu : très belle tour carrée, avec un appareillage très soigné, assises régulières (lits de pierres d'une autre couleur), peu d'ouvertures, fenêtre gothique dans un cadre plus ancien ?.
Intérieur rappelle l'intérieur du donjon - beffroi de Millau (2e moitié du 12e s.) : mêmes types d'ouvertures (archères, arcades, portes, structures des pièces), escalier en vis.
Datation difficile, hypothétique (12e-14e) : époque romane. Pour un tel ouvrage, nécessité d'un investissement important : place considérée comme stratégique, et appartenant à une famille puissante.
Or, on n'a pas de renseignements importants sur Roquetaillade au Moyen Age. On sait seulement qu'à la fin du MA une famille Mandagot est seigneur de Roquetaillade, on y reviendra.
Auparavant, on a les traces d'une famille dite " de Roquetaillade", mais basée à Flavin, avec coseigneurie aux Rives et le Truel, et à Balsac. Aucun acte ne leur donne des droits sur Roquetaillade ici.
Par ailleurs, quelques actes montrent que des droits sur le lieu étaient détenus par la famille de Levezou et celle d'Arpajon.
- (en 1270 Hugues d'Arpajon rachète à son beau-frère Bernard de Levezou les terres de Castelnau, Castelmus, RQT, Comprégnac, Marzials, les Fons : Bousquet inv. Vezins, I, 267-268, Barrau I, 410)
- (1334 noble bernard de Levezou, seigneur de Castelnau, RQT, St Christophe, Peyre et Comprégnac, inv. Vezins I, 268 [1241])
- (3/12/1397 trnasaction entre Bermond de Luzençon et noble Cardone veuve de Jean de Levezou sur héritage de Levezou ; le seigneur de Luzençon reçoit Castelmus, Jouc, Peyre, RQT et reconnaissances dues par le seigneur de Montjaux sur St Hippolite de Candas)
- (12/2/1421 transaction entre Bernard d'Albignac, fils de Bd, et Aldebert de Mandagot, seigneur de RQT et Mrz, par égale part avec la nièce de noble Jean de Levezou pour droits respectifs sur MRZ et le Cambon)
Enfin, Roquetaillade faisait partie de la grande vicomté de Creissels.
Convergence entre archéologie et diplomatique sur un élément ténu : une des puissantes familles de la vicomté de Millau (les Levezou) a fait édifier ici une donjon prestigieux. Basse cour sous le donjon, lotie par la suite comme on l'a déjà vue.

Guerres de religion :
Roquetaillade prise par les Huguenots du seigneur de Broquiès, deux ans après Marzials, en 1574, puis repris par les catholiques le 13 novembre. Le fils du baron de Verfeil entre "par escalade" dans le château, tue le seigneur, seul, car bien que riche, sans soldat, homme pacifique ayant un grand trésor. Lui et sa femme réformés et bonnes gens. Les catholiques tuent deux hommes, sortent la femme du seigneur et ses enfants hors du château et prennent les 30000£. Etablissement d'une compagnie catholique à ce moment, mention en janvier 1575. Reprise par les protestants en février 1576 : le fils Verfeil, capitaine de RQT, est parti voir le sénéchal. Son second et plusieurs soldats s'en vont "battre l'estrade" et laissent 10 soldats garder le fort. Ceux-ci vont "s'ibroigner et paillarder". Des paysans de Marzials emprisonnés dans le château réussissent à se libérer et à s'en rendre maître et appellent Millau au secours, qui envoie 75 arquebusiers. Mais les catholiques se sont déjà enfuis. (Journal d'un calviniste de Millau, cité par Gilles Bancarel).

Château 18e siècle : incendie dans la nuit du 26 décembre 1738, déménagement à St-Rome de la famille de Julien (Carrière cite Artières). Dans son testament de 1766, Pierre François de Julien aurait testé en faveur de trois de ses fils, dont deux abbés, religieux à Verdun, qui auraient financé la construction du château 18e siècle (testament à retrouver). Belles proportions, grands volumes, pièce avec peintures, …
Au dessus de la porte, armes des Julien de Roquetaillade : parti d'azur au rocher taillé (fendu) d'or, de l'autre d'azur à la gerbe d'ivraie d'or surmontée de trois étoiles du même, posées en fasce …

Seigneurs :
Outre ce qui a déjà été signalé plus haut

Document cité par Bousquet (t.2, p. 836-837), extrait de la vie de Saint-Etienne (de Grammont) : en août 1192, Florence, épouse d'Arnaud seigneur de Roquetaillade, de plus en plus malade demande à son époux de l'offrir et de la vouer au bienheureux Etienne. Elle prie et Etienne apparaît avec ses disciples. (Donation à Aura Ventosa)

Les Mandagot
Aldebert de Mandagot, seigneur du Monna, coseigneur de Lanuéjouls, seigneur de Roquetaillade, et son fils Antoine, transaction avec les consuls de Millau en 1454
Antoine Mandagot rend hommage en 1440 au comte de Rodez pour Roquetaillade mouvant de la vicomté de Creissels, épx de Sybille de Mostuéjouls, père de Marc et d'Aldebert (II)
Marc de Mandagot épx Heliane de Montjaux, seigneur de Candas et coseigneur de Montjaux (1483) (E347)
Aldebert de Mandagot, coseigneur du Monna, fils de (feu en 1493 E…) Pons et de Catherine de Paul (Pons 1461/72 E1081)
Aldebert de Mandagot, seigneur du Monna, de Roquetaillade, de Mezerac et de Lanujols et d'Espalies et fils du noble Antoine (dédicace de l'église, 1496)
Aldebert de Mandagot, écuyer, seigneur de Roquetaillade et de Mezerac (vers 1500) (E885)
Aldebert de Mandagot, fils d'Antoine, seigneur de Roquetaillade et du Monna, épx de Françoise de Saunhac, teste 10/11/1510 (E1852 folios 130-131) veut être inhumé dans la chapelle St Jean Baptiste de Roquetaillade, mention de son frère Marc et de son fils naturel Leonard. Aldebert meurt en 1518, sa veuve se remarie, leur fille unique Marie, née en 1512 épouse avant 1542 Simon de Lescure (vit 1571)
Jean de Mandagot seigneur du Monna, en 1512
Les Lescure :
Simon de Lescure, seigneur de Roquetaillade, de Mezerac et coseigneur de Marzials ; présent dans les registres du notaire Cadars vers 1550 ; achète des censives sur Roqt, Marzials et Castelnau
Il est représenté à Roqt par un fermier général ou "rentier", Jacques Lafon de Marzials, qui collecte, entre autres, la lauzime, lors des mutations foncières (cas en 1551, dans la petite salle du château).
C'est sans doute Simon de Lescure qui a été tué lors du siège de 1574
La famille d'Albinhac de Castelnau semble avoir des censives dans le village de Rqt
Pierre de Lescure fils de Simon et de Louise de Roquefeuil (1571)
Louise de Roquefeuil veuve d'Henri (ou Simon !) de Lescure, et leur fils, font construire en 1593 une galerie au château, endommagé par les guerres de religion. Fait par François Boissonnade, et autres maçons de Millau pour 85 livres.

Des Mandagot aux Dupuy-Montbrun
• Pierre de Mandagot, seigneur de Roquetaillade, père d'Iolande épouse en 1669 Jean d'Albinhac, baron d'Arre, et de Marguerite épouse en 1680 Alexandre Dupuy-Montbrun
• Autre source : mariage en 1596 de Jean Charles Dupuy-Montbrun avec Charlotte de Lescure, fille de Pierre,  parents de :
- Paul Dupuy-Montbrun épx Paule de Granger de Montméjean, teste en 1654 à Roquetaillade, parents d'Alexandre (gouverneur de Millau et du château d'Ayssènes), meurt en 1716 à Montméjean
- Anne épouse (27/08/1687) François de Julien, fils de Jean Charles de Julien de Creissaguet. Sieur de la Bastide, il teste en 1730 …
Les Julien de Roquetaillade
- François de Julien épouse donc Anne de Dupuy-Montbrun en 1687, teste en 1730 ; parmi ses enfants, Jean Benoit, sieur de Montgesty, garde du corps du roi d'Espagne, mort à madrid en 1774 ; Paul Charles sieur de Marzials, garde du corps de Louis XV, mort à paris en 1763 ; et deux chanoines de Verdun
- Pierre François, son fils aîné devient président au bureau de l'élection de Millau (1754), épouse en 1728 Elisabeth Dejean fille d'Urbain Delean, ancien maire et consul honoraire de St Rome de Tarn, il teste le 11/10/1766 ; 18 enfants …
- Jean-François, son fils aîné, garde du roi, capitaine de cavalerie ; épouse en 1769 Marie Sophie Aigouy du Cambon, sept fils et une fille, émigre en 1792 avec trois fils (Suisse, Italie, Espagne), biens vendus comme biens nationaux (16 floréal II). Le château et quelques biens sont récupérés par la famille après le révolution.

Seigneurie :
Toute justice
Château et bâtiments (écuries,), basse cour, jardin, terrasse, verger fruitier
Deux moulins à blé et huile (Roquetaillade et le Cambon)
Domaine de Mongesti (petit domaine rural) et champart à la 7e gerbe
Prés (produisent pour 82£), champs, nogarette, chataigneraie et vignes (produisent pour 27£)
Droits seigneuriaux : 4 pipes de vin (1600 à 2000 litres) et 18 setiers de froment et seigle (120 litres) et quelques poules - droit de corvée (quelle crédibilité accorder à cette déclaration de 1785 ?)

Afferme de la seigneurie 1754 : le 07/10, par Mr François de Julien à Pierre et Jean Pierre Suau de Sermet de Broquiès, oncle et neveu, afferme de la seigneurie de RQT, MRZ et dépendances : censives, champart, journées gradières et autres droits, plus biens, dont le château, sauf la chambre ordinaire du seigneur, la taille annuelle de ROQT, les biens du taillable de Comprégnac et les feuilles des muriers ; pour 8 ans : 650£ par an (en trois paiement Pâques, St JB et St Michel le 29/09), plus 6 poules à Noel, 1 regord en mai, 1 paire de poulets en août (clauses spéciales sur le droits de lods) (AD12, 3E4822, f°235, notaire Thomas)

Une vigne pour un bouquet de fleur  (un bouquet pour loyer)
Parmi les biens nobles de Roquetaillade, outre ceux du seigneur, une maison dans le village, et une vigne dans le terroir de grandval. Cette vigne avait été reçue en héritage par une fille de la maison de Julien, habitante de Saint-Rome-de-tarn, et qui la baille "en arrière-fief" contre un droit d'entrée (650 livres) et une redevance (albergue) : un bouquet de fleur par an, à porter tous les premiers mai à son domicile de Saint-Rome-de-Cernon (AD12, C1606)

La révolution à Roquetaillade :
En 1789, Jean François de Julien (né 1729) est donc seigneur de Roquetaillade et Marzials, et de Caylus par sa femme. Il vit en partie à Saint-Rome-de-Tarn, comme son père, depuis l'incendie.
Juillet-août 1789 : grande peur et nuit du 4 août : revendications paysannes par rapport aux terres et aux impôts.
Evénements racontés dans la plainte citée par Bonnefis … 23/11/1789 : François de Julien seigneur venu lever les rentes à Marzials, chassé du village, rentre en courant ; presbytère de RQT essaie de négocier en vain, rdv sur le pont avec habts de RQT, famille chassée
29/11, inventaire des biens nobles, afin de les taxer d'impôts comme les autres, le seigneur "n'a pas voulu comparaître, quoiqu'il ait été appelé"
En 1790 Lettre et ordonnance du directoire départemental à la population pour qu'elle paye les impôts  seigneuriaux, après autre plainte citée par Bonnefis (30/11/1790) (Carrière)…

Roquetaillade contre Marzials :
Conflit de clochers. Marzials devenu plus importante que Roquetaillade demande de bénéficier de statuts équivalents. En particulier, église avec fonctions essentielles, sacrements, cimetière. Or officiellement, Marzials n'a qu'une chapelle, habitants doivent venir à Roquetaillade pour la messe.
Il semblerait que Guillaume de la Tour, évêque de Rodez début 14e siècle, ait accordé le droit à Marzials d'avoir une chapelle desservie par un vicaire (mais non-résident). 26/06/1435. En 1637 le curé de Rqt Jean Trémolières, engage Jean Gaubert du Salvage pour desservir la chapelle de Marzials (messe basse tous les dimanches) contre 5 setiers de seigle 2 pipes et 4 semals de vin.
Querelle très vive au début du 19e siècle, au moment du redécoupage des paroisses (20V30). Curé Gayraud natif de Marzials a établi un vicaire résident avec fonts et cimetière "clandestins" (accusation des habitants de Roquetaillade). Marzials appartenaient aux Arpajon et n'est rattaché que "depuis un siècle" à Rqt dit l'argumentaire, ce qui est faux (co seigneurie).(Gilles Bancarel)

Pipe : 4 à 5 hectolitres (entre 4 à 500 litres) ; semal ou comporte, environ 5 litres.

Comparateur de prix :
Revenus du prieuré 1738 : 1100£
Revenus du prieuré 1774 : environ 1500£
Revenus de la seigneurie 1754 : 650£
Dot maternelle de la fille aînée de François de Julien et Elisabeth Dejean peu avant 1754 : 2000£

Annexe 1 : propriétaires du cadastre de 1835 :
Alric Jean Louis (C308)
Alric Philippe (C301) id
Alric Pierre (C292) id
Azinières Jean (C291) id
Azinières Jean Antoine (C329) id
Blaquière Antoine (C297)
Blaquière Christine (p)
Blaquière Jacques (C338)
Blaquière Jean Pierre de Candas (C336)
Blaquière Pierre, instituteur (C332) id
Cancé Barthelemi, curé (C350)
Constans Jean (C345)
Douzou Jean (C313, C343)
Durand Jean (C280 et 282 granges ?) id
Durand Louis (C319) id
Durand Marguerite (C320 p)
Falgas Jean (C320 p)
Falgas Pierre (C318)
Jalbert Antoine (C279)
Julien (de) François (C275)
Julien Pierre (C278) id
Lacour Joseph (C312)
Lafon Antoine (C334p, 335) id
Lafon Jacques (B770)
Lafon Pierre (C334p)
Marquès Jacques (C353p) id
Marquès Jean (C293)
Monteillet François (C285)
Montet Etienne (C326)
Picard Jean dit Deltour (C321) id
Picard Jean dit le jeune (C346) id
Picard Jean Jacques (C330) id
Pradines Jacques (B772)
Rey Pierre (B771) id
Roucoules Pierre (hers) (C281) id (pj)
Saquet Joseph (C296 et 302)
Vidal François (C322)
Vidal Pierre (C368)

+ tard reprendre acte du 25/11/1756 Thomas (notes) bail à nouveau cens avec montant du cens …

 

 

 

 
 
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