Texte publié dans la Revue du
Rouergue, n° 82, 2005, p. 136-157.
Roquetaillade, un village entre
Mars et Jupiter[1]
par Gilles Bancarel
A y regarder de plus près, la situation géographique de la commune de
Montjaux, lui vaut une part de ses richesses patrimoniales. Alors que
s’arrêtent les plateaux schisteux[4]
qui viennent prolonger le Ségala, avec leurs forêts et leurs landes, commencent
en cet endroit les premiers calcaires du Causse. La vallée de la Muse qui la
traverse[5],
l’entraîne irrésistiblement vers les pays de l’Albigeois et la tiédeur
méditerranéenne. Cet appel du Languedoc est inscrit au plus profond de ses
entrailles avec ces « faysses » construites sur tout son versant
méridional par les moines de Saint Victor de Marseille installés autour de l’an
mil[6]
sur les premiers contreforts du Lévezou[7].
L’endroit est stratégique. Aussi, le bourg de Montjaux qui se répand comme une
coulée de lave aux flancs du plateau embrasse un panorama exceptionnel.
L’horizon s’y déroule des montagnes de l’Aigoual jusqu’aux monts de Lacaune. Le
regard n’a aucune limite depuis les Cévennes jusqu’aux marches de l’Albigeois.
Dans un Rouergue austère et difficile d’accès pendant des siècles, à l’écart
des grandes voies de communication, la commune de Montjaux, lisière des grands
massifs montagneux, se situe sur un lieu de passage, à la croisée des vallées
du Tarn et de la Muse marqué par la présence de drailles ou voies romaines.
Depuis l’Antiquité, chacune des étapes du peuplement humain a laissé ici son
empreinte. De l’époque des wisigoths, celle des gaulois, des romains, du
renouveau de l’an mil, de la renaissance, des Lumières, jusqu’à l’ère
industrielle, le mode de vie s’est toujours adapté à l’évolution en conservant
un solide ancrage dans la tradition paysanne où le quotidien reste ponctué par
les labeurs de la vie rurale.
Le patrimoine de la région de Montjaux se décline d’une abondance et
d’une diversité peu commune. Aussi, comment se pencher sur son histoire sans
s’intéresser à son église romane du XIIeme siècle[8]
ou à son château médiéval fief des Prévinquières[9],
aux tumuli de Concoules ou aux dolmens de Montgesty[10],
à Candades ancienne propriété de la commanderie des Canabières[11],
à chapelle romane de Saint Martin d’Aiguebonne[12]
ou à l’antique paroisse de St Hippolyte[13],
à Candas - la « condate » romaine - ville du confluent[14]
à la jonction de la Muse et du Tarn et ancien chef-lieu carolingien, à la
Rouvière et ses sarcophages[15],
à Roquejel l’église connue pour ses ermites et ses processions[16],
au bourg fortifié de Marzials et à sa pierre à sacrifice[17],
au village de Roquetaillade ou encore au Cambon et son eau ferrugineuse
reconnue en 1863 par l’Académie de médecine de Paris[18].
Nous sommes ici dans un endroit où tout nous ramène à l’histoire, tant
l’activité humaine déployée depuis les temps les plus anciens a forgé avec le
paysage, le caractère de ses habitants. La première trace est celle des noms de
lieux ou noms de personnes qui renvoient aux lointaines racines celtiques ou
pré-romaines : le nom de Montjaux évoque le culte de Jupiter, celui de
Marzials évoque le culte de Mars, tandis que le nom de Montgesty, qui signifie
« le mont des justes », témoigne d’anciennes croyances païennes. Ces
toponymes nous renvoient à l’occupation romaine et gauloise comme Albignac[19]
ou à des épisodes plus sanglants de l’histoire comme le ravin du
« matarou » (matar signifie
tuer) ou ravin du massacre[20].
La commune de Montjaux qui dépend du canton de Saint Beauzely[21]
compte quatre villages qui se succèdent depuis les hauteurs du Lévezou
jusqu’aux rives du Tarn. Chacun compte une série de hameaux ou fermes qui lui
sont rattachés.
Montjaux : Le Mas, Malpérié, Candades, Concoules, Joncayrolles
Marzials : Le Cambon
Roquetaillade : Albinhac, Souliés, Collègeats, le Cros,
Candas : Saint Hyppolite[22].
Dans ce paysage, le bourg de Roquetaillade[23]
tient une place singulière. Contrairement aux autres villages de la région, il
n’occupe pas une place stratégique ou défensive sur les contreforts de la
vallée comme Montjaux, Castelnau-Pégayrolles[24]
ou Saint Beauzély[25]
jadis réputés imprenables par la taille de leurs forteresses. Au contraire,
Roquetaillade se situe prés de la Muse, sans doute sur l’emplacement d’un
ancien gué favorisé par de larges berges offrant un passage naturel pour les
hommes et pour les animaux. Il faut y reconnaître une origine fort ancienne
comme semble en témoigner l’écriture de son nom relevé « ruppe cisa »
ou roche taillée dans les textes médiévaux. Ce nom lui viendrait des anciennes
tombes creusées à flanc de rocher et qui surplombent le village[26].
C’est sur ce lieu de passage, que s’est établi le premier habitat
vraisemblablement dès le haut Moyen age. Les habitants surent tirer profit des
vallons ensoleillés et des prairies fertiles longeant la rivière pour y
développer leur industrie liée à la proximité de l’eau[27].
Ils y cultivèrent la vigne[28]
au lieu dit du « grand val » ou encore du jardinage le long du cours
d’eau. Il existait alors un petit bourg avec sa chapelle de l’autre côté de la
rivière. Protégé par le fort médiéval juché sur un éperon rocheux qui le
surplombe, un pont monumental fut édifié sur le site de l’ancien gué. L’édifice
militaire en contrôlait alors le passage. Dès cette époque, le bourg fortifié
s’organise autour d’une rue principale dont les maisons communiquant
entre-elles faisaient office de remparts. Les habitations accrochées aux
rochers allaient se répandre, par des rues escarpées, jusqu’aux berges de la
Muse à l’ombre de l’imposant donjon.
Constitué en seigneurie depuis le Moyen age, le village - malgré sa
taille modeste - a vu se succéder de grands seigneurs[29]
bénéficiant de puissantes protections. C’est ce qui explique l’existence des
constructions monumentales que sont l’église, le pont gothique et le château
qui ont été durant un millénaire, lieu de pouvoir, de prestige et d’enjeu. Ces
convoitises ancestrales devaient perdurer jusqu’à l’aube du XIXeme siècle, pour
se focaliser sur l’église, comme nous le relatent plusieurs témoignages
parvenus jusqu’à nous. L’histoire de Roquetaillade révèle un parcours
tumultueux. Les écrits qui en sont conservés datent d’une époque où le récit
historique emprunte à la littérature romanesque[30]
une part de son inspiration. L’exaltation des évènements historiques ou le
panégyrique de quelque personnage illustre y prime parfois sur la véracité des
faits. Le récit le plus important en la matière est l’un des premiers travaux
publiés par la Société des Lettres sciences et arts de l’Aveyron[31].
Réfuté par plusieurs historiens qui en ont souligné le caractère fantaisiste[32],
ce témoignage mérite cependant qu’on s’y attarde pour y relever certains
éléments. Afin de ne rien perdre de ce récit, nous en donnerons une double
lecture qui présente la version des évènements relevée au XIXeme siècle,
complétée des remarques qu’elle suscite aujourd’hui.
De la chapelle à l’église construite sous la bénédiction d’un évêque
Selon ce témoignage, la fondation originelle de l’église de
Roquetaillade serait antérieure au Xeme siècle et la première mention
remonterait en l’an 1117. Cette année-là, Jean Julien seigneur de Roquetaillade
frère d’Adhémar évêque de Rodez[33],
aurait doté l’ancienne chapelle paroissiale pour en faire une véritable église.
Cette dotation devait être homologuée par le roi Louis le Gros[34].
Dans un écrit sur la vie de Saint Etienne[35],
on relève que : « Vers le mois d’août 1192, une femme noble, Florence
épouse d’un chevalier nommé Arnaud, seigneur de Roquetaillade, tomba gravement
malade et son mal empirait de jour en jour, tellement que ni les médecins, ni
personne d’autre n’y pouvait rien. On la plaça donc sur la cendre et le cilice
selon la coutume de la mort chrétienne, mais elle demanda alors à son époux de
l’offrir et de la vouer au bienheureux Etienne confesseur, premier instituteur
de l’ordre de Grammont. Le mari se mit donc à la mesurer de la tête au pied
avec un fil d’étoupe qu’il couvrit ensuite de cire (pour en faire une chandelle
votive). Elle continuait à prier Saint Etienne et tout à coup celui-ci lui
apparut entouré de la foule de ses disciples et la prenant par la main, comme
en souriant, il lui dit : « lève-toi vite, car tu ne mourras, ni
seras guérie de cette maladie ». Elle se leva aussitôt en parfaite santé
et Saint Etienne disparut. Son mari dans la stupeur, lui demanda :
« Et quoi, ma dame, comment cela se fait-il ? Je te croyais prés de
mourir et je te vois saine et joyeuse ». Elle lui répondit en
riant : « Monseigneur, c’est le bienheureux Etienne à qui tu
m’as vouée qui vient de daigner apparaître à sa servante, avec la multitude de
ses disciples, et comme tu le vois le bon saint homme m’a laissé guérie ».
Alors, ce fut une grande joie dans la maison et tout le château. La dame alla
visiter les frères qui habitaient tout à côté à Aura Ventosa[36],
leur narra le miracle et leur donna trois sous de Rodez pour les transmettre à
Grandmont et y faire faire en commémoration du miracle une statue de cire qu’on
placerait devant le tombeau de Saint Etienne ».
L’église restaurée par un cardinal
Vers 1318 Guillaume Julien, baron de Roquetaillade, épouse noble Agnès
Bertrand de Mandagout sœur Maximilien Mathieu Bertrand[37]
de Mandagout qui, suivant le texte de la Société des lettres, deviendra par la
suite cardinal évêque de Sabine et de légat du pape Clément VI. La tradition
veut que la construction de l’église ainsi que celle du pont soit due à ce
prélat qui fit plusieurs séjours au château de Roquetaillade dans sa famille[38].
Vers l’an 1354 son éminence le cardinal Maximilien Mathieu Bertrand de
Mandagot, possédant de grands trésors, lors d’une seconde visite à sa sœur
épouse du baron Julien de Roquetaillade, fit bâtir à la place d’une petite
chapelle paroissiale fort ancienne la belle église gothique ogivale qui existe
aujourd’hui sous le vocable des bien heureux apôtres St Pierre et St Paul[39].
En réalité, le seul témoignage irréfutable qui soit parvenu jusqu’à nos
jours est l’inscription gothique placée sur la façade du monument et étudiée à
plusieurs reprises[40].
La transcription de cette inscription en langue d’oc, publiée par A. Soutou
correspond à celle d’un acte notarié contemporain à la construction que nous
avons pu retrouver[41].
L'an 1496 le 5
de juillet /
fut commencé
le présent temple posa /
la première
pierre le noble A. de Mandagot /
celui qui fit
ledit temple était M. B. Laur /
Aldebert de Mandagot[42],
fils d’Antoine, seigneur de Roquetaillade et de Marzials est le fondateur
attesté de l'église telle que nous la connaissons aujourd'hui. Aldebert[43]
sera le dernier seigneur de Roquetaillade du nom de Mandagot. Par son mariage
avec Françoise Saunhac-Belcastel, la seigneurie passera aux mains des Lescure,
puis des Dupuy-Montbrun. C’est par le mariage en 1687, d’Anne, l’héritière des Dupuy-Montbrun
avec François Julien de Creissaguet que le château et la seigneurie passeront
aux Julien auteurs de la branche des Julien de Roquetaillade[44].
Détruite par un seigneur et reconstruite par un évêque
La notice de la Société des lettres relève un des épisodes marquants de
l’histoire du village survenu vers 1502[45].
Antoine, comte d’Armagnac, aurait sommé Julien de Roquetaillade de lui rendre
hommage pour cette seigneurie. Sur le refus de Guillaume, le comte, vivement
indigné, résolut de l’y contraindre par la force des armes. Il rassembla autour
du château de Gages, lieu de sa résidence, une petite armée d’environ 3 000
hommes commandée par des chefs licencieux et d’une impiété reconnue. Il se
proposait encore d’aller soumettre plusieurs places de guerre situées le long
du Tarn.
Il commence à diriger sa marche contre Marzials, qu’il enleva de
surprise ; il fit ensuite attaquer le château de Roquetaillade, qui lui
opposa la plus vive résistance. Le jeune seigneur, Guillaume Julien, à peine
âgé de 18 ans, mais agissant d’après les conseils de son aïeul maternel Guy
d’Arpajon, baron de Séverac, défendit son petit fort à outrance, et comme il
prétendait ne relever que du roi, il instruisit à temps le monarque des
attaques du comte d’Armagnac[46].
Cependant celui-ci n’omit rien pour réussir dans son entreprise ; il fit
plusieurs tentatives meurtrières pour s’emparer du château, mais inutilement.
Quelques jours après, il reçut la visite d’un officier de la cour avec un ordre
péremptoire signé de Louis XII, de se retirer sur l’heure. Le comte se vit donc
forcé malgré lui d’abandonner un siège qui, loin de tourner au gré de ses
désirs, semblait avilir ses armes. Mais avant la retraite, il lâcha la bride à
sa bande perverse qui pilla le monastère avec l’église, et mit successivement
le feu aux deux édifices qui bientôt s’écroulèrent ; et ce temple, naguère
si majestueux, n’offrit plus que le triste tableau d’une hideuse profanation et
d’un délabrement inouï. Il paraît avéré qu’après cette scène funeste, le personnel
du prieuré se dispersa et ne se montra plus à Roquetaillade.
Ce ne fut qu’en 1557 que le même seigneur Guillaume obtint, à force
d’instances réitérées, une visite de l’évêque Georges d’Armagnac[47]
petit-fils du comte Antoine. Ce prélat fut si profondément ému du spectacle
affreux qu’offraient les ruines du temple et du monastère incendiés, qu’il
résolut de réparer autant que possible les énormes dégâts occasionnés par le
comte d’Armagnac, son aïeul, un demi-siècle auparavant ; car il savait que
Pierre d’Armagnac, son père, était fils naturel du comte Antoine.
Le prélat, voulant donc effacer jusqu’aux moindres vestiges les
horribles profanations commises par son aïeul, ou du moins par sa troupe, fit
reconstruire un nouveau presbytère, mais sur une base moins large que
l’ancienne. Il y incorpora une tourelle qui seule avait échappé à l’embrasement
général, et qui, de nos jours, sert d’escalier à l’usage du curé. Sur la porte
de cette vielle tourelle, on lit encore cette épigraphe : Quod sis esse velis[48]
« Veuillez être ce que vous êtes » avis salutaire que le cardinal
entendait donner aux futurs habitants de cette pieuse demeure. L’année
suivante, l’évêque Georges d’Armagnac, fit restaurer l’église sur les
fondements de celle qu’avait bâtie le cardinal Bertrand. Il embellit alors le
maître-autel du superbe tableau qui l’orne maintenant ; il remit à la
fabrique un St Ciboire, deux calices, précieux et de beaux ornements, avec
quelques fonds pour subvenir aux autres frais du culte. L’évêque vint lui-même
réconcilier le nouveau temple, et bénit les cloches qu’il y plaça. En un mot,
tout fut rétabli dans son premier état, à l’exception du prieuré, qui éprouva
des changements notables et fut sécularisé.
Toutes les réparations se terminèrent en 1561, ce qui s’accorderait avec
le millésime qu’on lit sur la pierre qui sert encore de clef à la voûte du
chœur, si le peintre qui voulut dans ces derniers temps y passer une couleur
n’eût renversé les chiffres. Mais on présume qu’après avoir fait les dépenses
en question dans un but purement expiatoire, le prélat réparateur s’étant démis
de son évêché et se trouvant sur son départ pour les ambassades de Venise et de
Rome, ne voulut point, pour ces motifs ou pour d’autres considérations de
famille, que le souvenir d’une telle restauration fut transmis à la postérité
par aucune marque publique, ni par aucune espèce de monument, d’épigraphe ou
d’emblème quelconque.
Peu de temps après, l’évêque Jacques de Corneilhan, à la tête de
soixante cavaliers, se rendit en toute diligence à Millau pour arrêter les
prédications du pasteur Blaize Mallet du canton de Berne, arrivé à Millau le 6
octobre 1560, après avoir séjourné à Séverac chez le baron d’Arpajon puis à
Castelnau de Lévezou chez le seigneur du lieu. Pendant la nuit, la petite troupe,
sous les ordres de François de Saunac, seigneur de Foussac, plus connu sous le
nom de Belcastel[49]
se dirigea vers le Cambon où le pasteur s’était réfugié secrètement chez un
certain Pouget fils de feu le notaire Boisset de Liaucous[50].
Elle y surprit vers minuit le ministre et ses amis qui « bien estroitement
enferrés » furent conduits à Rodez où ils furent enfermés dans les cachots
de la grande tour de l’évêché[51].
Un autre témoignage digne de foi provenant des Mémoires d’un calviniste de Millau relate les évènements survenus à
l’occasion des guerres de religion[52].
Le 13 du mois de novembre 1574[53],
Roquetaillade fut pris par les papistes. Les fils du baron de Verfeil entrèrent
dans Roquetaillade par escalade[54],
« ils tuèrent le seigneur qui était dans une sentinelle tout seul, car
nonobstant qu’il fusse riche et opulent il n’avait pas de soldats ;
c’était un homme pacifique ayant un grand trésor. Lui et sa femme étaient bien
de la religion réformée et bonnes gens. De fait, étant entrés, ils tuèrent deux
hommes, ils sortirent la demoiselle et ses petits-enfants hors du château avec
seulement les plus méchants habillements qu’elle avait. Ils ne lui laissèrent
rien prendre. Ils trouvèrent dans son coffre trente mille livres ou plus.
Lesquels hommes se tinrent en garnison dans ledit château, tellement qu’ils
faisaient mille extorsions aux peuples des environs ». En 1575, il y avait
toujours au château de Roquetaillade une garnison diabolique de papistes aux
ordres d’un fils du baron de Verfeil capitaine, « grand cruel et homme
tyran qui tenait cinq ou six hommes prisonniers du village de Marzials ».
Un jour, du mois de février 1576[55],
où ledit Verfeil était allé à la cour avec le sénéchal de Caylus, son second
resté sur place s’en alla pour battre l’estrade avec tous ses soldats, excepté
dix qu’il laissa pour garder le fort ; de sorte que de ces dix, six
sortirent pour aller dans le village « ibroigner » et paillarder. Les
paysans qui étaient prisonniers se rendirent maîtres et allèrent chercher du
secours à Millau. La ville y manda soixante-dix arquebusiers, mais les
assaillants s’étaient enfuis[56].
Dans la nuit du 26 décembre 1738, l’antique manoir de Roquetaillade
devint la proie des flammes. On ne sauva que la grande tour et la partie voûtée
de l’édifice. La famille changea alors de résidence à Saint Rome de Tarn et
plus tard à Millau ou Pierre François Julien exerça longtemps la charge de
président de l’élection, il testa le 11 octobre 1766 en faveur du sieur
Marzials et de ses deux frères abbés qui firent restaurer le château[57].
Lors de la Révolution, les biens de noble Jean-François Julien seigneur de
Roquetaillade, émigré, furent saisis et vendus comme biens nationaux le 16
floréal an II (5 mai 1794)[58]
ainsi que l’argenterie des églises de Roquetaillade (un calice, un ciboire et
un soleil) et de Marzials (un petit calice, un patène, un porte-Dieu)[59].
Une querelle de paroissiens
Malmenée par les guerres, détruite, reconstruite, restaurée, l’église de
Roquetaillade resta durant de longues années un sujet de division entre les
habitants du lieu et ceux du village voisin de Marzials. Les uns comme les
autres voulant conserver leur église comme seul lieu de culte. Une notice
historique parue dans le bulletin paroissial de mars 1927[60]
nous apprend que ce fut seulement le 29 juin 1435 que Guillaume de la Tour
évêque de Rodez reconnut aux habitants de Marzials le droit d’une chapelle
desservie par un vicaire de Roquetaillade. Mais les curés de Roquetaillade
estimaient qu’il s’agissait d’une simple chapelle où il leur suffisait de faire
célébrer la messe quand ils le jugeaient à propos. Les paroissiens de Marzials
voulaient, au contraire, que leur église fut une véritable annexe de celle de
Roquetaillade, avec obligation pour le vicaire de résider à Marzials. En 1627
Julien Trémolières, curé de Roquetaillade, engage Jean Gaubert de Salvages pour
desservir la chapelle de Marzials : « Ledit Gaubert sera tenu de
célébrer une messe basse tous les dimanches moyennant 5 setiers de blé, seigle,
mesure de Roquetaillade et deux pipes quatre sémals de bon vin ». Enfin,
une ordonnance épiscopale datée du 9 juin 1779 permit aux habitants de Marzials
d’avoir des fonts baptismaux et d’établir un cimetière[61].
Il faudra attendre le début du XIXeme siècle pour retrouver les
paroissiens de Roquetaillade opposés à ceux de Marzials au sujet de
l’attribution du siège de la paroisse. L’on connaît une première pétition des
habitants de Roquetaillade datée de 1802 pour conserver leur église, mais la
querelle devait perdurer pendant prés de dix ans. L’évêché fit alors nommer un
commissaire en la personne du curé Lambert, chargé de dresser un état de la
paroisse après une inspection en bonne et due forme. Parmi les nombreuses
correspondances échangées à cette occasion, nous rapportons intégralement celle
de septembre 1805, dans laquelle les habitants de Roquetaillade entendent faire
valoir leurs droits. Elle relate l’état de tension exacerbé entre les deux
communautés de Roquetaillade et de Marzials[62].
On y relève le souci de légitimité historique mis en avant dans l’argumentation
des habitants de Roquetaillade. Elle constitue l’un des premiers témoignages
sur la vie de la paroisse et témoigne d’un certain degré de mémoire collective.
Mémoire relatif à la nécessité de conserver Roquetaillade en succursale[63].
A monsieur Malvain vicaire général,
Monsieur le grand vicaire
La commune de Roquetaillade est vraiment affligée
de la conduite que tient à son égard celle de Marzials, elle est instruite des
démarches de certains particuliers de Marzials à qui tous les moyens sont bons,
pour parvenir à faire priver Roquetaillade de l’objet le plus cher à ses yeux
en sollicitant la réunion de la succursale de Roquetaillade à celle de
Marzials. Elle ne se permettra aucune diatribe contre qui que se soit et se
bornera à dire que c’est la fille qui veut étouffer sa mère et à vous exposer
simplement la vérité.
Elle ne s’arrêtera point à vanter la beauté, la
grandeur de son église qui est telle qu’on n’en voit pas de plus belles.
Elle ne vantera pas non plus sa maison curiale qui
y est contiguë [avec] le jardin et le petit temporel, mais elle se glorifie de
la foi et de la religion de ses pères puisque cette paroisse fut une des
premières du diocèse qui embrassa la foi : dans ces tems reculés elle
était fort étendue jusqu’au commencement du douzième siècle.
A cette époque les seigneurs de Roquetaillade ayant
fait donation de la dîme inféodée à l’église Saint Pierre de Roquetaillade,
elle servit à doter et à former quatre prieurés qui furent démembrés de
Roquetaillade à savoir le chef lieu, Compreignac, Peire et Brocuejols.
L’église actuelle fut bâtie par le cardinal de
Mandagout pour y faire les fonctions tout le tems qu’il y résidait : une
inscription qu’on y voit encore, bien gravée sur pierre au milieu du cœur en
dehors, en fait foi.
Il n’y avait alors au village de Marzials appelé
dans les chartes contemporaines Mansus de
Marzilis ni église, ni chapelle. Ce ne fut qu’à l’occasion des guerres
postérieures que le seigneur d’Arpajon et de Roquetaillade le firent environner
de murailles et y construisirent des forts pour défendre leurs hommes. Ces
guerres étant finies, les gens de Marzials demandèrent audits seigneurs une
sale d’un des forts et en firent la chapelle actuelle, il n’y a pas plus d’un
siècle qu’on leur permit de placer une cloche dans la tour où elle est
actuellement.
De tous les tems, il y a eu à Roquetaillade un curé
et un vicaire tenus d’y résider et d’y faire les fonctions et ce ne fut que
dans le seizième siècle que le curé et les marguilliers de l’église Saint
Pierre consentirent que le vicaire fit dire la messe à Marzials à certains
jours de fête à la charge par Marzials de payer la moitié de l’honoraire du
vicaire, et ce n’a été que le prieur et curé Gayraud natif de Marzials qui leur
accorda la résidence du vicaire à Marzials, les fonts baptismaux et un
cimetière, mais le tout clandestinement et sans prendre avis ni des
marguilliers ni des habitants de Roquetaillade.
En vain dira-t-on que ce fut la puissance
seigneuriale qui fit négliger Marzials ? On répondra toujours avec succès
que se fut tout autre motif ; puisque la domination sur ce lieu état
exercée tant par la maison d’Arpajon que par celle de Roquetaillade, cette
première étant plus puissante que l’autre aurait fait pencher la balance en
faveur de ses hommes de Marzials plutôt que pour ceux de Roquetaillade qui lui
étaient étrangers. Et il n’y a qu’environ un siècle que les seigneurs de
Roquetaillade ont acquis de la maison d’Arpajon la portion de la domination
qu’elle avait à Marzials.
Pour le surplus, la commune se réfère aux réponses
qu’elle a faites dans le tableau que M. le curé Lambert commissaire ad hoc en a
rédigé.
La commune observera encore que le trajet de
Roquetaillade au lieu de Marzials est plus pénible que long à cause des chemins
scabreux qu’il faut grimper pour arriver à Marzials et qu’il est bien difficile
de le faire ou parcourir même à pas comptés sans suer. Ce n’est pas tout,
arrivés à Marzials il faut encore monter pour parvenir à la chapelle, un
escalier composé de trente à quarante marches qui est même impraticable en
hiver à cause des glaces que les eaux, d’une source qui est au bas, y
occasionnent et en ferment l’avenue, au point qu’on est obligé de faire un
grand détour par un chemin très escarpé.
On convient que dans le cas de la réunion de
Marzials à Roquetaillade ceux de Marzials seraient obligés de parcourir le même
chemin, mais avec la différence qu’en descendant à Roquetaillade on n’est pas
sujet à suer qu’en montant et qu’en remontant ils rentreraient dans leurs
maisons et ne seraient point obligés d’aller à l’église en sueur.
Il y a plus, l’église de Roquetaillade est située
de manière qu’il ne faut point grimper pour y aller.
La commune se croit encore en droit d’observer que
le lieu de Candas sera indispensablement uni à la succursale la plus commode et
la plus voisine et il est certain que Roquetaillade réunit ces deux objets. En
vain dira-t-on que Candas paraît avoir désigné Compreignac. La commune de
Roquetaillade mieux instruite ne hasarde rien en disant que si Candas a demandé
Compreignac ce n’est que parce qu’il a craint sa réunion à Marzials et il eut
été trop dur pour eux de les obliger à passer à Roquetaillade pour se rendre à
Marzials car il n’y a pas d’autre chemin. En dernière analyse Candas réuni à
Roquetaillade surpasse la population de Marzials et l’église de Roquetaillade
est plus que suffisante pour contenir ses paroissiens ceux de Roquetaillade et
ceux de Marzials.
Montes, Palangié, Marqués, Durand, Picard, Lafon,
Pradines, Alric, Roucoules, Azinières, Durand, Marqués, Jean Picard, Blaquière.
De nos jours, l’église de Roquetaillade à la recherche de paroissiens
suscite moins d’intérêt que par le passé. Elle n’en demeure pas mois pour
autant un monument exceptionnel chargé d’histoire. Avec le pont gothique qui
lui est contemporain, le château et son impressionnante tour médiévale, le
pigeonnier et l’ensemble des habitations, elle contribue à faire du village de
Roquetaillade, un site de caractère partageant à la fois les influences des
hautes terres du Lévezou et celles, plus méridionales, de la basse vallée de la
Muse.
Depuis Saint Léons, la patrie de Jean Henri Fabre l’entomologiste, où
elle prends sa source, jusqu’au Tarn où elle se jette, peu après le viaduc de
Millau, la Muse a façonné un paysage qui apparaît aujourd’hui avec ses
villages, ses maisons, châteaux, églises ou abbayes[64],
comme un musée vivant, témoignage intact de plusieurs siècles d’histoire. Ce
qui faisait dire de ces lieux à la romancière Claire Charles-Géniaux :
« En regardant ce paysage si beau, je lis à livre ouvert l’histoire humble
et patiente d’innombrables générations de paysans. Chaque pierre retirée du
champ ou de la vigne pour former un muret est comme la signature de chacun
d’entre eux. Comme l’héroïque Bas-Alpin, de l’auteur de Les Feux s’éteignent[65]
vit monter dans une corbeille la bonne terre d’une combe pour remplir son
maigre champ, plus d’un montagnard du Lévezou accomplit ce labeur si
humain… »[66].
Du point de vue historique, ce parcours, par les questions qu’il nous
pose, nous renvoie à l’insuffisance de nos sources et nous incite à demeurer
vigilant face aux témoignages et à leur inspiration. Il n’en demeure pas moins
pour autant le reflet d’une histoire qu’il faut nécessairement expliquer,
quelles que soient les époques, pour parvenir à comprendre le présent. Une
explication qui s’impose face à la présence d’un patrimoine exceptionnel
préservé jusqu’à nos jours par de nombreuses générations.
Essai de chronologie des seigneurs de Roquetaillade
Cette tentative de reconstitution repose pour l’essentiel sur des
sources imprimées ; celles-ci sont disparates ou incomplètes, parfois
contradictoires, certaines même fantaisistes. Nous en donnons une liste à la
suite. Il convient d’y ajouter des travaux plus récents ou notes relevés par E.
Cartailhac, J. Artières, A. Carrière dans la presse locale. Nous devons
également mentionner le recours à plusieurs travaux non publiés qui nous ont
été aimablement communiqués par l’abbé Pierre-E. Vivier, Pierre Hérail, André
Soutou, le commandant Robert et Georges Girard. Nous y ajouterons l’aide
précieuse de feu Bernard de Roquetaillade qui nous a toujours amicalement
accueilli dans son château pour évoquer ses ancêtres. Sans eux, ce travail
n’aurait pu voir le jour, il leur est ici dédié. Nous remercions également de
leurs précieux conseils le Pr. Jacques Bousquet et Jacques Frayssenge,
conservateur aux Archives municipales de Millau qui nous a communiqué les notes
de l’abbé Delpal[67].
-
(d’Auriac), Armorial de la
noblesse de France, Paris, 1856, p. 1-13 (Julien de Roquetaillade) ;
-
J.H. de Barrau, Documens
historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du
Rouergue dans les temps anciens et modernes, Rodez, 1860, T. III, p. 130-139 (Julien de
Roquetaillade), p. 122-129 (Julien de Pégayrolles) ;
-
L. de La Roque, Armorial de la
noblesse du Languedoc, Toulouse, 1863, p. 114-116 (Julien de
Pégayrolles) ;
-
M. de Bonald, Documents
généalogiques sur les familles du Rouergue, Rodez, 1902, p. 159-160 (Julien
de Roquetaillade), p. 157-158 (Julien de Pégayrolles) ;
-
J. Villain, La France moderne,
grand dictionnaire généalogique, historique et biographique, Haute Garonne et Ariège, Montpellier,
1911, p. 667-670 (Julien de Pégayrolles) ;
-
Ch. De Lescure, Armorial du
Gévaudan, Paris, 1929, p. 734-735 (Julien de Roquetaillade) ;
-
R. de Waren, Grand armorial de
France, Paris, 1949, T. VI notice 20379 (Julien de Pegayrolles et de
Roquetaillade) ;
-
L. Adhémar de Panat, « Les seigneurs de Mandagout branche inconnue
des Azémar-Adhèmar » dans les Mélanges
historiques et généalogiques Rouergue - Bas Languedoc, Hommage à Jacques
Fabre de Morlhon, rassemblés par J.D. Bergasse, Albi, 1978, p. 33-44.
Chronologie
Nous empruntons aux ouvrages précédemment mentionnés les éléments de la
chronologie des seigneurs ou propriétaires du château de Roquetaillade.
Celle-ci n’est pas exhaustive car élaborée à partir de sources de seconde main,
elle mérite d’être complété. C’est dans cette perspective que nous en donnons
ici le relevé. Pour le détail de la généalogie des différentes familles citées,
nous renvoyons directement aux références mentionnées
-
En 1177, Jean Julien seigneur de Roquetaillade est le frère d’Adhémar
évêque de Rodez. sous le nom d’Adhémar III[68],
fit une dotation à l’ancienne chapelle paroissiale pour en faire une véritable
église[69].
-
En 1192, Arnaud, seigneur de Roquetaillade a pour épouse Florence[70].
-
En 1230, Roquetaillade appartient à la terre de Creissels[71].
-
En 1270, Hugues d’Arpajon damoiseau rachète à son beau-frère Bernard de
Lévezou les terres de Castelnau de Lévezou, Castelmus, Roquetaillade,
Comprénhac, Marzials, les Fons[72].
-
En 1318, Guillaume Julien, seigneur de Roquetaillade, épouse Agnès
Bertrand de Mandagout, sœur du cardinal Bertrand de Mandagout[73].
-
En 1334, noble Bernard de Lévezou est seigneur de Castelmus,
Roquetaillade, Saint Christophe, Peyre, et Comprénhac[74].
-
Le 3 décembre 1397, une transaction est passée entre noble Bermond de
Luzençon, et noble Cardone veuve de Jean de Lévezou, à la suite d’un procès au
Parlement de Paris sur l’héritage de la terre des Lévezou. Le seigneur de
Luzençon reçoit Castelmus, Jouc, Peyre, la terre de Roquetaillade et les
reconnaissances dues par le seigneur de Montjaux pour les fiefs de Saint
Hyppolite et de Candas[75].
-
Le 12 février 1421, une transaction est passée entre noble Bernard
d’Albignac de Castelnau de Lévezou, fils d’autre Bernard, professeur en droit,
et noble Aldebert de Mandagout, seigneur de Roquetaillade et de Marzials, par
égale part avec la nièce de noble Jean de Lévezou, afin de régler leurs droits
respectifs de propriété sur ledit lieu de Marzials et le moulin du Cambon[76].
-
En 1440, Antoine de Mandagot, époux de Sybille de Mostuéjouls, rend
hommage au comte de Rodez et d’Armagnac pour Roquetaillade mouvant de la
vicomté de Creissels.
-
En 1490, décès d’Antoine de Mandagot (né en 1405) seigneur du Monna, de
Roquetaillade, de Marzials, de Mézerac, de Lanuéjols, d’Espaliès et coseigneur
de Marzials[77].
-
En 1503, Aldebert de Mandagot fils d’Antoine de Mandagot[78],
rend hommage au comte d’Armagnac pour Roquetaillade et le Monna[79].
-
Aldebert (II) de Mandagot, épouse Françoise Saunhac-Belcastel[80]
qui teste pour sa fille Marie de Mandagout, le 21 mai 1539.
-
En 1517[81],
Marie de Mandagout épouse Simon de Lescure qui devient ainsi seigneur de
Roquetaillade.
-
En 1571, Pierre de Lescure, fils de Simon, seigneur de Roquetaillade,
épouse Louise de Roquefeuil qui sera tuée lors du siège de Roquetaillade par
les papistes en 1574. De leur union naîtra Charlotte Lescure.
-
Le 1er février 1596, Charlotte Lescure épouse Jean-Charles
Dupuy-Montbrun qui devient ainsi seigneur de Roquetaillade de Marzials et de
Montméjean.
-
En 1636, Paul Dupuy, fils de Jean-Charles Dupuy-Montbrun, épouse Paule
de Granger de Montméjean. De cette union naît Alexandre, dit de Granger.
-
Le 20 juin 1680, Alexandre Dupuy-Montbrun, seigneur de Roquetaillade et
de Marzials, épouse Marguerite de Mandagout, héritière de son père, descendante
d’une autre branche des Mandagout. Décédée à Saint André de Vezines, elle sera
enterrée le 22 août 1716 au château de Montméjean[82].
Leur fille Anne-Marie sera seule héritière.
-
Le 17 août 1697, Anne-Marie Dupuy épouse François Julien de Creissaguet,
sieur de la Bastide. Ce dernier est l’auteur de la branche des Julien de
Roquetaillade. Son frère cadet Jean-Charles de Julien en épousant Isabeau Daures,
est l’auteur de la branche des Julien de Pégayrolles d’où descend le marquis
Etienne Hippolyte Julien son petit-fils[83].
-
Le 2 février 1728, Pierre-François de Julien, héritier de François de
Julien (né en 1698) seigneur de Roquetaillade, coseigneur de Marzials,
président à l’élection de Millau, épouse Elisabeth Déjean. Il rendra hommage au
roi pour ses terres devant les trésoriers de France en la généralité de
Montauban.
-
Le 20 novembre 1769, Jean-François de Julien, son fils, seigneur de
Roquetaillade, coseigneur de Marzials garde des corps du roi (mort en 1807),
épouse Marie Sophie du Cambon. Il émigre en Espagne en 1792 avec ses trois
fils.
-
Marie Jean François Julien de Roquetaillade son fils aîné rentra dans sa
famille en 1790 après des études à Paris. Il suivit son père en émigration et
obtient en 1797 le poste de vice consul danois à la résidence de Reus en
Catalogne. Agent du consulat de France, il épouse le 27 avril 1804 Marie
Françoise Joséphine de Fraga y Grases. En 1812 il retourne en France, au Cambon
de la Cresse.
-
Marie Benoît Adolphe de Roquetaillade (1820-1896) sous officier, neveu
du précédent, épouse en 1870 Julie Benoît d’Auriac.
-
Numa Benoît de Roquetaillade (1847-1927), fils de Marie Benoît,
commandant, épouse Louise Barthélemy (1863-1949). Ils n’auront pas de
descendants.
-
Joseph de Roquetaillade (1876-1958) neveu du précédent hérite du
château. Il épouse Claire de Chabrignac qui décédera en 1950.
-
Bernard de Roquetaillade, son fils, épouse Simone Gély. Celui-ci dernier
du nom de Roquetaillade décédé dans les années 1980, laissant le château à ses
deux filles qui le vendront peu après.
-
Racheté une première fois, le château sera revendu deux ans plus tard.
Il changera de mains à nouveau deux fois de suite, avant d’appartenir, depuis
1999, à Peter Hoopman citoyen hollandais.
Illustrations :
Page
de couverture :
1 - Roquetaillade sur les bords de la Muse, au second Marzials, à l’horizon Castelnau-Pégayrolles.
Dans
le texte :
1 - Acte de Raymond Bannes, notaire, attestant la construction de l’église Saint Pierre de Roquetaillade en 1496.
2 - Inscription gothique sur la façade de l’église de Roquetaillade.
3 - Portrait du cardinal Guillaume de Mandagout mort à Avignon en 1321.
4 - Eglise de Roquetaillade entre son presbytère et le cimetière.
5 - Armes de la famille Julien de Roquetaillade placées sur la porte du château :
« Parti au 1 d’azur au rocher fendu d’or ; au 2
d’azur à la gerbe d’ivraie d’or, surmontée de trois étoiles du même posées en
face. »
[1] Ce texte est issu d’une communication présentée à
l’occasion de la sortie foraine de la Société d’Etudes Millavoises tenue à
Montjaux le samedi 25 juin 2005.
[2] A. Carrière, « Le Lévezou », Bulletin de la Solidarité aveyronnaise,
90, 1937, p. 53-56.
[3] V.-E. Ardouin-Dumazet, Voyage en France, Rouergue et albigeois, Paris, 1904, p. 157.
[4] Pour une approche géographique et économique, on
lira : R. Calmes, Les campagnes des
Ségalas et du Lévezou, Rodez, 1980 ; pour une approche littéraire on
lira : J. Gazave, Le Rouergue,
Villefranche-de-Rouergue, 1938, p. 157-178.
[5] N. Andrieu, « Vagabondages dans la vallée de
la Muse », Connaissance du pays d’oc,
n. 38, 1979, p. 49-55.
[6] C. de Vesins, « Donation de l’église Saint
Michel de Castelnau de Levezou : conformité et intelligence avec la
réforme grégorienne », Etudes
aveyronnaises, 1996, p. 43-52.
[7] « Le Rouergue avait des vignes à une époque
très reculée », cf. H. Affre, Dictionnaire
des institutions, mœurs et coutumes du Rouergue, Rodez, 1903, p. 458. Elle
existait sous les romains et fut réintroduite par les moines de Saint Victor de
Marseille autour de l’an mil.
[8] B. de Gauléjac, « L’église de
Montjaux », Congrès archéologique,
1935, p. 19-27.
[9] J. Miquel, Châteaux
et lieux fortifiés du Rouergue, Rodez, 1982, p. 216-217 ; R. Guibal,
« Les Prévinquières et leurs alliances 1095 - fin XVIIIe siècle », Revue du Rouergue, n. 21, 1990, p.
27-63.
[10] J. Lourdou, « Inventaire des mégalithes du
centre de l’Aveyron », Vivre en
Rouergue, spécial cahier d’archéologie aveyronnaise, 1998.
[11] Les pièces originales de la commanderie des
Canabières antérieures à 1200 sont conservées aux AD de la Haute-Garonne.
Voir : C. Brunel, Les plus anciennes
chartes en langue provençale, Paris, 1926-1952 et J. Bousquet, Le Rouergue au premier Moyen age, Rodez,
1994, T. II, p. 749-774.
[12] G. Durand, « L’église de Saint Martin
d’Aiguebonne », Archéologie du Midi
médiéval, T. 8/9, 1990-1991, p. 179-184.
[13] « St Hippolyte était très anciennement une
annexe de Comprénhac. Ce fut seulement par une transaction en date du 12
décembre 1452, entre les habitants des villages de St Hippolyte et de Candas,
d’une part, et le prieur de Comprénhac de l’autre, que ledit prieur fut tenu de
célébrer ou de faire célébrer les offices divins dans l’église de St Hippolyte,
les dimanches et certains jours de fêtes. C’est aussi à partir de cette époque
qu’il y eut des fonts baptismaux à St Hippolyte, et que les habitants de cette
annexe eurent la faculté de se faire enterrer dans le cimetière de leur
église ». AD Aveyron G 155 fol. 217 et suivants, relevé dans L. Lempereur,
Etat du diocèse de Rodez en 1771,
Rodez, 1906, p. 272.
[14] A. Albenque, Les
Ruthènes, Rodez, 1948, p. 67 ; A. Carrière, Journal de l’Aveyron, 17 octobre 1926.
[15] Al Cantou,
Saint Beauzely, Rodez, 1997, p. 28 (photogr.)
[16] L. Fuzier, Le
culte de la Sainte Vierge dans le Rouergue, Rodez, 1894, « Notre Dame
de Roquejel », p. 67-77.
[17] J. Delmas, Presse
et pressoirs rouergats, Rodez, 1988, (Musée du Rouergue, guide des arts et
métiers n. 12).
[18] Autorisation d’exploitation par décision
ministérielle du 6 avril 1864. Cf. E. Vigarié, Esquisse générale du département de l’Aveyron, Rodez, 1930, p.
441-442.
[19] Lieu occupé par un Albinius, cf. J. Astor, Dictionnaire des noms de famille et noms de
lieux du midi de la France, Millau, 2002, p. 914, 917. Albenque (op. cit.
p. 213-240) fait de ce toponyme un traceur du développement de la vie agricole
et de la densité du peuplement rural.
[20] Voir la chronique : « Votre nom a son
histoire » Midi-Libre, années
1960 (Onomasticos) : « Le
culte de Jupiter en Rouergue : Montjaux (Fanjeaux en Languedoc,
etc.) ».
[21] J. Delmas, « Le canton de Saint
Beauzély », Vivre en Rouergue,
n. 38, 1981, p. 36-40 ; M.-L. et P. Cabannes, Panorama du Rouergue, Rodez, 1985, p. 210-211.
[22] La commune compte aujourd’hui habitants. Vers le milieu du XIXeme siècle,
le nombre des lieux habités comprenait en plus : La Calmette, la Grange,
Malpérié bas, Malpérié haut, Montjinou, Montgesty, le Moulin bas, le Moulin de
Comby, le Moulin haut, les Plos, la Roubière, Saint Martin, Seigne-Redonde. La
commune comptait 1039 habitants en 1866. Cf. J.L. Dardé, Dictionnaire des lieux habités de l’Aveyron, Rodez, Ratery, 1868.
[23] R. Noël, Dictionnaire
des châteaux de l’Aveyron, Rodez, 1971, T. II, p. 434-435.
[24] G. Bancarel, « Voyage en Rouergue méridional
ou visite du village fortifié de Castelnau Pégayrolles », Sauvegarde du Rouergue, n. 139, 1984, p.
16-19 ; O. Rossi, « Castelnau-Pégayrolles, l’architecture
militaire », Sauvegarde du Rouergue,
n. 54, 1997, 32 p.
[25] P. Querbes, Saint
Beauzely en Rouergue, Rodez, 1972.
[26] E. Cartailhac dans le Messager de Millau, septembre 1908, renvoie au pressoir de Marzials
comparé à celui de Savignac. Un autre pressoir moins bien conservé est situé
dans les rochers, sur la ferme des Collégeats. La roche taillée des
« cazalets » surplombant le village de Roquetaillade semble plutôt
relever de cette appellation. Le site est comparable à celui de la Rouviére ;
voir : G. Bancarel, « Notes sur la découverte d'une roche taillée
dans les environs de Roquetaillade », Procès-verbaux
de la Société des Lettres Sciences et
Arts de l'Aveyron, XXXXIII, 1982, p. 158-160.
[27] Voir : J.M. Tisseyre, « Les moulins de
Saint-Léons », Revue du Rouergue,
108, 1973, p. 385-391 ; C. Jest, « Moulins du Lévezou », Procès-verbaux de la Société des Lettres
Sciences et Arts de l'Aveyron, XXXVIII,
1963, p. 165-177. A propos d’un meunier de Roquetaillade en 1762, on relèvera
le témoignage publié par P. Cabanes et A. Leclerc, « Paysans du Rouergue
au XVIIIe siècle » dans le Supplément
bimensuel bibliothèque de travail (BdT), 295, 1971, p. 10-14.
[28] « Le principal revenu qu’ils aient, est le
vignoble auquel ils cueillent grande quantité de vin, non seulement pour leur
provision mais aussi en vendent à ceux des pays circumvoisins », cf. J.
Bousquet, Enquête sur les commodités du
Rouergue en 1552, Procès avec l’Agenais, le Quercy, le Périgord, Albi,
1969, p. 196-197.
[29] J. Belmon, « Parenté et seigneurie en
Rouergue aux XIe et XIIe siècles : l’exemple des sires de Lévezou », Etudes aveyronnaises, 1999, p. 75-102.
[30] C. Peyrusse, « Les romans de la région
toulousaine (1800-1970), Midi-Pyrénées
patrimoine, 1, 2005, p. 28-33.
[31] « Notice sur l’église et le château de
Roquetaillade », Mémoires de la
Société des lettres sciences et arts de l’Aveyron, II, 1840, p. 333-338
(communiqué par l’évêque de Rodez) [Mgr Giraud].
[32] « fait à plaisir par quelqu’un qui a confondu
les dates, les noms et les faits » sic H. de Barrau, Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes
remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, Rodez, 1860, p. 136.
[33] Adhémar III évêque de Rodez meurt en 1143 ou 1144,
cf. H. Affre, op. cit. p. 169 ; A. Bonal, , Histoire des évêques de Rodez, Rodez, 1938, II, p. 5-28. Suivant le
Pr. Jacques Bousquet, cette affirmation est une pure invention pour glorifier
la famille.
[34] « Notice sur l’église et le château de
Roquetaillade », op. cit. L’exposé soulève plusieurs hypothèses
fantaisistes, comme le relève J. Bousquet dans Le Rouergue au premier Moyen age, op. cit. II, p. 216, n. 72.
[35] Extrait de la Vie
de Saint Etienne écrite avant 1200 par Gérard Itier, septième grand prieur
de Grandmont, publié par J. Bousquet dans Le
Rouergue au premier Moyen age, op. cit. p. 836-837.
[36] G. Durand, « Les prieurés grandmontains du
Rouergue : Comberoumal et le Sauvage », Etudes sur l’Hérault, 1992, p. 153-175.
[37] Le doute persiste sur l’identification du
prélat : Bertrand (cité) ou Guillaume de Mandagout. Voir ci-après.
[38] « Notice sur l’église et le château de
Roquetaillade », op. cit. Il existe un malentendu sur l’inscription
dédicatoire de l’église de Roquetaillade donnée dans ce document qui ne
correspond pas à l’inscription gothique existant à l’heure actuelle (voir
ci-dessous). Y aurait-il eu une autre inscription qui explique le texte publié
à partir d’une prétendue « intéressante pierre qui échappa par miracle au
vandalisme nouveau » (sic p. 335) ?
[39] Ce texte copié sur l’article de la Société des
lettres (op. cit.) provient de la notice sur la paroisse de Roquetaillade,
signée par le curé Bonnaterre dans l’Atlas
du diocèse de Rodez publié en 1881.
[40] P.-E. Vivier, « L’inscription de l’église de
Roquetaillade », Procès verbaux de
la Société des lettres sciences et arts de l’Aveyron, XXXXI, 1971, p.
149-154 et A. Soutou, « Inscriptions en langue d’oc du Rouergue », Annales du Midi, mélanges et documents,
n. 108, 1972 p. 320-321. L’abbé Vivier donne la date de 1426 et le prénom de H.
Laur, alors qu’André Soutou donne celle de 1496 et le prénom de B. Laur.
[41] Nous devons cette découverte à l’amitié de feu M.
Bernard de Roquetaillade qui nous permit de consulter ses archives. Dans un
registre du notaire Raymond Bannes y est relevé l’acte de construction de
l’église et du décès d’Antoine de Mandagot : « L’an 1496 et le 8
juillet fut commencée l’église de Roquetaillade et fut mise la première pierre
par le noble Aldebert de Mandagot seigneur du Monna, de Roquetaillade, de
Mézerac et de Lanuéjols et d’Espaliès et fils du noble Antoine susdit »
(transcription P.-E. Vivier).
[42] Mandagot ou Mandagout famille des Cévennes où il
existe un village de ce nom, département du Gard, canton du Vigan, ancienne
possession du diocèse d’Alès. Voir : A. Goiffon, Dictionnaire topographique statistique et historique du diocèse de
Nîmes, Nîmes, 1881, p. 159.
[43] Dans son testament du 14 novembre 1510, Aldebert
de Mandagot « Veut sépulture dans l'église Saint Pierre de Roquetaillade,
chapelle de St Jean-Baptiste, où sont inhumés ses ancêtres. Aux obsèques, à la
neuvaine, au bout d'un an, 40 prêtres qui célèbreront, avec rémunération
("renc") de 2 sous et le repas à chacun… » AD Aveyron E 1852 f°
130 et 131. (Traduction P.-E. Vivier).
[44] Pour la succession des seigneurs de Roquetaillade,
voir chronologie ci-dessous.
[45] « Notice sur l’église et le château de
Roquetaillade », op. cit. Ce témoignage est réfuté par de Barrau, (op.
cit. p. 135-136) qui situe cet épisode le 15 mai 1402, suivant le témoignage de
M. Argeliez fondé sur des « documents trouvés aux archives du prieuré de
Roquetaillade ».
[46] « Il est douteux qu’Antoine d’Armagnac,
bâtard du dernier comte Charles, ait jamais assez eu de pouvoir pour
entreprendre de telles expéditions… Guillaume Julien est qualifié de seigneur
de Roquetaillade, tandis que cette seigneurie était alors possédée par la
maison Mandagot. Guy d’Arpajon qu’on fait baron de Séverac n’entra en
possession du vaste héritage de cette maison qu’en 1508, et quant à la
qualification qu’on lui donne d’aïeul maternel du jeune seigneur Julien, rien
n’indique qu’il n’y ait jamais eu la moindre alliance entre la puissante maison
d’Arpajon et les Julien qui n’avaient après tout qu’un rang très mince dans la
hiérarchie féodale ». Barrau, op. cit. p. 136.
[47] Georges d’Armagnac évêque de Rodez 1529-1560. Cf.
A. Bonal, op. cit. p. 429-450, 667-672 ; L. Servières, Histoire de l’église du Rouergue, op.
cit. p. 371-381.
[48] Cette pierre sculptée existe bien contre le mur de
la tour du presbytère.
[49] Neveu de Françoise de Saunhac-Belcastel épouse
d’Aldebert de Mandagot, J. Villain, La
France moderne, grand dictionnaire généalogique, historique et biographique,
Haute Garonne et Ariège, Montpellier,
1911, I, p. 581.
[50] Cette dernière mention pourrait laisser supposer
qu’il s’agit d’un autre lieu dit « Cambon » dans la vallée du Tarn, à
proximité de Millau, contredisant l’hypothèse de Jean Delmas dans Vivre en Rouergue, op. cit.
[51] J. Rouquette, Histoire
du prieuré et de la paroisse notre-dame de l’Espinasse de Millau,
Villefranche, 1866, p. 107 ; de Gaujal, II, p. 375 ; L. Servières, Histoire de l’église du Rouergue, op.
cit. p. 385.
[52] J.L. Rigal, Mémoires
d’un calviniste de Millau, Rodez, 1911, p. 322.
[53] « La nouvelle des évènements du 24 août 1570
- dits de la Saint Barthélemy - fut apportée par un courrier parti en en poste
de Paris pour donner l’éveil aux églises du Midi ». Rouquette, op. cit. p.
172 ; le 24 juin 1573 l’édit de La Rochelle ordonne le rétablissement de
la religion catholique.
[54] M.AF. de Gaujal, Etudes historiques sur le Rouergue, Paris, 1858, p. 435. Cet auteur
donne la date du 12 novembre.
[55] J.L. Rigal, Mémoires
d’un calviniste de Millau, Rodez, 1911, p. 355-356.
[56] M.AF. de Gaujal, op. cit. p. 438 relève 120
arquebusiers.
[57] Barrau, op. cit. p. 131 ; J. Artières,
« Notes historiques millavoises », Messager de Millau, 29 août 1908.
[58] P.-A. Verlaguet, Vente des biens nationaux du département de l’Aveyron, Millau,
1932, II, p. 99-102. « Le château de Roquetaillade, composé d’un corps de
logis en assez bon état avec tour, granges, écuries et jardin, terrasse
joignant,… basse-cour resta invendu. Le procès verbal porte que : …si on
ne peut le vendre, on en tirera parti en vendant au détail les planches,
poutres, vitres, contrevents, etc. » (p. 102 n. 1).
[59] P.-A. Verlaguet, op. cit. p.
83.
[60] Bulletin
paroissial de Roquetaillade, 3e année, n. 4, mars 1927.
[61] Bénéfices du
diocèse de Rodez, Messager de Millau,
29 août 1908.
[62] AD Aveyron, 20 V 30.
[63] Cette lettre date de vendémiaire an 13 (septembre
1805). Nous en donnons le texte dans sa graphie d’origine.
[64] On relèvera la présence du prieuré grandmontain de
Comberoumal à proximité de Saint Beauzely, voir D. Rey, Le prieuré de Comberoumal en Lévezou, Rodez, 1925 et du prieuré de
Castelnau Pégayrolles, voir : S. Campech, L. Mace, « Le prieuré roman
de Castelnau-Pégayrolles », Archéologie
du midi médiéval, 12, 1994, p. 203-212.
[65] Charles Géniaux [sic].
[66] C. Charles-Géniaux, Des Causses à l’Aubrac, Paris, 1937, p. 149.
[67] AM Millau, fonds Delpal 5 Z 241.
[68] Adhémar III évêque de Rodez de 1099 à 1140, on lui
doit la fondation des abbayes de Beaulieu, Sylvanés, Locdieu. Cf. L. Servières,
Histoire de l’église du Rouergue,
Rodez, 1874, p. 159-172.
[69] « Notice sur l’église et le château de
Roquetaillade », op. cit. Voir Barrau sur ce témoignage.
[70] G. Itier, Vie
de Saint Etienne, op. cit.
[71] J. Artières, Notice
historique sur la Vicomté et la Commune de Creissels en Rouergue, Millau,
1946, p. 13.
[72] Barrau, I p. 410 ; H. Bousquet, Inventaire des archives du château de Vezins,
Rodez, 1934, I, p. 267-268 [1238].
[73] Il semble qu’il y ait une confusion de prénom
entre Bertrand (cité) et Guillaume de Mandagout, cardinal. Ce dernier né à
Montpeyroux, diocèse de Lodève, archevêque d’Embrun, nommé par le pape Benoît
XI recteur du Comtat Venaissin en 1303, il le demeura jusqu’en 1310. Archevêque
d’Aix (1311-1312) et cardinal au titre de Penestrina en 1312, il meurt à
Avignon le 3 novembre 1321. « Homme de subtil esprit et d’une éloquence
rare, aussi vénérable par les actions de sa vie comme par sa doctrine, et l’un
des plus habiles de son temps sans contredit en matière de droit
pontifical » d’après F. Du Chesne,
Histoire de tous les cardinaux françois de naissance… Paris, 1660, p.
377-379. Sa carrière ecclésiastique est relevée dans P. Guillaume, Histoire générale des Alpes maritimes ou
cottiènes et particulière de leur métropolitaine Ambrun, Paris, Gap, 1890,
p. 84-121. Voir aussi : E. Baluze, Viate
paparum avenionensium, Paris, 1927, p. 154-155 et C. Brunel, « Une
table pascale de Guillaume de Mandagout », Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, LXXXIV, 1923, p.
161-165 ; Miroir de l’histoire,
n. 166, 1963 « Courrier des chercheurs et curieux » p. 497-498.
[74] H. Bousquet, Inventaire
Vezins, op. cit. I p. 268 [1241].
[75] H. Bousquet, Inventaire
Vezins, op. cit. I p. 268-269 [1246].
[76] H. Bousquet, Inventaire
Vezins, op. cit. I p. 270 [1248].
[77] « L’an 1490 alla de vie à trépassement le
noble Antoine de Mandagot qui était de Roquetaillade, le mardi avant Notre-Dame
de mars auquel notre seigneur ait merci et miséricorde. Amen lequel avait vécu
85 ans accomplis et révolus, lequel susdit était seigneur du Monna, de
Roquetaillade, de Marzials, de Mézerac, de Lanuéjols, d’Espaliès et coseigneur
de Marzials », Registre de Raymond Bannes notaire, (transcription P.-E.
Vivier).
[78] Sur la descendance des Mandagout, nous renvoyons à
Adhémar de Panat. Le nom de Mandagot viendrait de Cros-de-Mandagot (commune de
Monpeyroux, dans l’Hérault) ou de Mandagout (canton du Vigan, dans le Gard),
cf. Bibliothèque de l’Ecole des Chartes,
op. cit. p. 163 n. 1.
[79] Hommage d’Aldebert de Mandagot au comte
d’Armagnac, 1503, AD Tarn-et-Garonne A 97, fol. 61-62. Renseignement communiqué
par M. Jacques Frayssenge.
[80] Villain, I p. 581.
[81] AD Aveyron, G 598 (Relevé
dans les notes de l’abbé
Delpal).
[82] Adhémar de Panat, p. 41.
[83] P.-E. Vivier, « La famille Pégayrolles et
Millau », Revue du Rouergue, n.
42, 1995, p. 189-206